Tours du Pont d’Issy – Réunion du 6 octobre 2011

Maquette Pont d'Issy

Maquette du projet (photo ACTEVI)

Bilan très mitigé pour cette réunion, indépendamment de l’opération elle-même, du fait du peu d’informations concrètes sur les multiples impacts du projet pour les isséens.

Autour du Maire, participaient à la réunion les principaux partenaires de l’équipe projet : Architectes (Françoise Raynaud et Jean-Paul Viguier), Urbaniste (Christian Maille), Aménageur (Raymond Loiseleur), Environnement (Sébastien Duprat et Olivier Jarry), Etudes d’impact (Sandrine Boogaerts). Cette équipe travaille depuis trois ans sur le projet, sans concertation avec la population isséenne.

Il s’agit de détruire les immeubles anciennement occupés par l’Equipe et le Crédit Agricole (âgés d’à peine 30 ans) pour les remplacer par un projet de densification importante de la zone à réaménager avec pour objectif principal d’y implanter des bureaux. Sa réalisation nécessite une modification du PLU (et notamment la validation par la population de la phrase « pas de hauteur limite » dans cette zone) et la création d’une ZAC. La municipalité a choisi de recourir à une révision simplifiée du PLU et vient de lancer le processus comportant une enquête publique qui sera instruite par un Commissaire-enquêteur du 31 octobre au 3 décembre 2011.

Le projet associé de requalification de la pointe amont de l’Ile Saint Germain par le Conseil Général 92 n’a pas été présenté.

D’une manière générale, l’équipe de présentation semblait mal à l’aise et souvent sur la défensive. A titre d’exemple significatif la formulation d’un des membres qui disait grosso-modo : « Ce serait malhonnête de prétendre qu’il n’y aura pas d’impacts négatifs et que ce sera comme avant, mais on travaille pour réduire ces inconvénients ». Dans ce cas, pourquoi maintenir le projet sous cette forme ?

Eléments marquants :

L’opération — qui couvre 250 460 m² SHON — prévoit la construction de trois tours d’environ 180 mètres de haut, pour un usage de bureaux en majorité (90%). Les logements seront aménagés dans la partie supérieure d’une des 3 tours ainsi que dans des immeubles de plus petite taille (environ 50 m de haut) situés à l’ouest du périmètre concerné. A titre de comparaison la hauteur de ces tours rivalise avec celle de la tour Triangle projetée à la Porte de Versailles. Elles sont presque aussi hautes que la tour Montparnasse (autour de 210 m), ou les tours de deuxième génération de La Défense (la première génération était inférieure à 100 m). Elles seront deux fois plus hautes que la tour Sequana de Bouygues Télécom.

La tour principale est habilement présentée comme l’empilement d’immeubles superposés (au nombre de 3 en l’état actuel du projet).

La Halle Eiffel sera déplacée et reconstruite parallèlement au T2 et sera affectée à un usage public avec l’installation d’activités commerciales. Des commerces seront prévus également dans les pieds des tours conduisant à un total d’environ 25 à 35.

Un parvis en pente douce sera aménagé pour accéder aux gares ferroviaires depuis les quais de Seine. Une passerelle piétonne permettra de traverser la rue Rouget de Lisle.

Des parkings seront construits en sous-sol des immeubles, environ 2 200 places pour les bureaux, ainsi que des parkings pour les vélos en nombre relativement important pour ces derniers (880 places).

Les études de conception devraient se dérouler durant l’année 2012 pour un début des travaux en 2013.

Les études d’impacts : Elles ont été présentées de façon assez générale en ne livrant finalement que peu d’éléments concrets quantifiés. Pour l’ensoleillement, nous avons eu droit à une longue explication embrouillée — avec la présentation d’un cadran solaire — où l’on nous a expliqué que l’ombre était plus courte en été qu’en hiver (merci de nous l’apprendre), que l’ombre avançait plus ou moins vite selon les moments de la journée… En gros il fallait convaincre que l’ombre portée des tours est dérisoire, ainsi d’ailleurs que la gêne causée par les courants d’air…

De plus, l’étude détaillée mettant en œuvre une modélisation ne pourra se faire que lors du permis de construire.

Puis ont suivi :

·   Une explication, assez incompréhensible, visant à montrer que pour résoudre l’un des inconvénients des tours, où il faut sans cesse monter et descendre les fluides, on avait décidé de faire un seul bloc étage par étage ?

·    Le fait que l’on veut construire des tours qui « sortent du sol » au lieu d’être « posées sur le sol » !

·     L’idée qu’en matière de densification, le site était un « trésor » du fait de ses nombreuses infrastructures de transport.

·     L’une des justifications des tours qui serait de constituer un « marquage ou repère » pour informer les gens qu’ils entrent dans Issy-les-Moulineaux. Le panneau annonçant la ville d’Issy-les-Moulineaux au niveau du Pont d’Issy ne suffit-il pas ? Ou alors faut-il une ou plusieurs tours à chaque entrée de la ville ?….

Le PDU (plan de déplacements urbains) prévoit une augmentation globale du trafic de 7% dont 20% pour les transports collectifs.

L’implantation massive de bureaux dans cette zone nécessite d’augmenter l’offre en capacité et en fréquence du T2 et du RER C, sachant que la fréquence du T2 est actuellement proche du maximum aux heures de pointe.

L’environnement : Les partenaires de l’équipe ont précisé que les cycles de gestion des fluides seraient optimisés, et que la construction suivrait une démarche « THQE » (Très Haute Qualité Environnementale) avec des panneaux photovoltaïques sur les toits et même quelques éoliennes au sommet des tours. Toutefois, ces dispositifs ne fourniront qu’environ 5% de l’énergie nécessaire. De plus rappelons que la certification de ces démarches ne nécessite pas de répondre exhaustivement aux critères du label.

Les réactions de la salle :

Les interventions et critiques les plus marquantes de la salle ont exprimé :

·  Y a-t-il un besoin de 233 000 m² de bureaux supplémentaires à Issy-les-Moulineaux alors que le projet prévoit seulement 13 500 m² de logements ?

Question pertinente complétée par : Quel est l’intérêt du projet pour les isséens comparé aux nuisances qu’il va entraîner ?

·   Pourquoi est-on repassé d’un projet avec une tour à un projet avec trois tours, et qui a pris cette décision ?

    Question restée sans réponse.

·    Compatibilité des tours avec l’héliport et les couloirs d’atterrissage et de décollage ?  Réponse : Les couloirs seraient revus et modifiés par la DGAC sans autre précision …

·   Compétition plutôt que concertation entre les nombreux projets à proximité : Pont d’Issy, Ile Seguin, Tour Triangle, Balard (Pentagone du Ministère de la Défense).

·    Il n’y a toujours pas d’urbanisme concerté à Issy-les-Moulineaux où la municipalité juxtapose des ZAC sans cohérence entre elles.

Ce projet engendre de fortes inquiétudes :

La construction de 3 tours de très grande hauteur qui auront un impact important sur leur environnement et non quantifié.

La motivation de densifier le secteur au bénéfice de la construction de bureaux ne répond qu’à une logique de « business » économique et non à un besoin des isséens qui s’exprimerait plutôt en faveur d’un logement accessible. Point renforcé par la non-concertation sur ce projet.

Quelle place pour les espaces verts ? Y aura-t-il des jardins accessibles au sol ? Ne nous sont annoncés que des toitures végétalisées et des jardins suspendus. Où est la place de l’humain, de l’isséen, sur ce site de plus de 10 hectares ?

Quelle animation pour le quartier ? Devenant essentiellement un quartier d’affaires, l’animation ne pourra se développer que dans la journée, laissant place le soir à un quartier désert. Pour les futurs commerces implantés, la zone de chalandise sera donc constituée principalement d’une population non résidente.

Le trafic et les nuisances sur la RD7 : L’implantation massive de bureaux avec 2200 parkings pour les voitures va induire un trafic important sur la RD7 aux heures de pointe. Cela ne fera que renforcer son caractère d’autoroute urbaine. En même temps cela démontre bien la priorité donnée à la voiture en la généralisant à 2 fois deux voies dans le cadre du projet « Vallée Rive Gauche ».

Des transports en commun proches de la saturation ? Aux heures de pointe, la capacité du T2 est à son maximum, et il y a peu de marges d’augmentation de la fréquence.

Quel devenir pour les deux Halles « Gustave Eiffel » ? Classées comme élément de patrimoine bâti remarquable, elles doivent être déplacées et reconstruites en tout ou partie. Les éléments présentés sont très vagues sur ce point et pourraient laisser comprendre que seule la charpente métallique serait conservée ?

La proximité de l’héliport et le danger que les tours représenteront. A terme, les hélicoptères ne choisiront-il pas de survoler le centre ville ?

La proximité des chantiers pharaoniques du 15ème arrondissement (Tour Triangle et Pentagone du Ministère de la Défense) et de l’ile Seguin à Boulogne-Billancourt (4 « châteaux » de 100 m de haut), chantiers conçus sans concertation entre les villes, qui aboutiront fatalement à un engorgement inextricable de notre environnement.

Article publié sur le blog d’ACTEVI.

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