L’urbanisme de tours et les folies altoséquanaises

Les projets de tours poussent comme des champignons dans les Hauts-de-Seine. Ce thème s’est invité dans les discussions lors de notre fête des « Guinguettes en goguette » au port de Sèvres le 15 octobre dernier, à propos des projets sur l’île Seguin et dans tout le département. André Gattolin, nouveau sénateur EELV des Hauts-de-Seine et invité principal de la fête, animait le débat sur ce thème qu’il connaît bien.

André Gattolin a notamment recueilli l’avis de Michel Cantal-Dupart à ce sujet au cours d’un entretien (à consulter sur http://andregattolin.net/spip.php?article23). L’architecte urbaniste, professeur au CNAM, participe actuellement à un atelier créé dans le cadre du Grand Paris.

M. C-D regroupe la plupart de ses critiques sur les tours autour de la nécessité de donner un sens à de tels choix architecturaux et urbanistiques : la prouesse technique d’une tour qui engendre forcement un surcoût pour la même surface dans des immeubles de faible hauteur ne se justifie que par des exigences de monumentalité.

Tours et densification
Pour M. C-D, le besoin de densification souvent invoqué pour justifier la construction de tours est déraisonnable. Une tour est au contraire prédatrice de densité puisqu’elle vide sa périphérie ; par comparaison la ville haussmannienne est la plus dense au monde, avec ses 300 habitants à l’hectare. Le modèle des tours, c’est de l’anti-ville : ni convivial pour les usagers, ni écologique en termes de déplacements.

Si l’immobilier de bureaux représente une ressource financière à court terme pour les collectivités, c’est aux dépens de l’immobilier d’habitation et du logement social qui pourtant fait cruellement défaut.

Les tours de l’île Seguin : un défi à la tour Eiffel ?
M. C-D critique en particulier le projet proposé pour l’île Seguin par le maire de Boulogne-Billancourt, dont il dit que c’est « un défi à la tour Eiffel ». « Il peut toujours rêver, ce ne sera jamais le cas ! », rétorque l’urbaniste. Ce dernier souligne aussi le problème persistant de pollution de l’île, auquel on peut ajouter celui de l’inondabilité, problèmes qui n’ont pas été pris en compte de manière réglementaire dans tous les projets proposés pour l’île depuis 2000.

John Rose, association Val de Seine Vert

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