A propos d’Isséane, de la ville et des bureaux

Vue du Pont d'Issy et d'Isséane

Vue du Pont d’Issy et d’Isséane

Gisèle Escourrou, dans son étude « Le climat et la ville », montre l’existence de phénomènes intéressants quant à la dispersion ou la concentration des polluants.

Des études menées à Paris montrent que les brises urbaines venant de la périphérie convergent vers le centre plus chaud y entraînant des pointes de pollution, phénomène d’autant plus marqué que le quartier compte des bureaux où il fait encore plus chaud.  Ainsi le 2 février 1981, on a relevé des valeurs supérieures à 1 000 µg/m3 en acidité forte dans un quartier à dominante de bureaux alors que la moyenne pour l’ensemble de Paris était de 800 µg/m3. Paris et sa proche banlieue constituent déjà un îlot de chaleur qu’il convient de ne pas renforcer localement en entassant des immeubles sans prioriser la végétation qui a parmi de multiples vertus celle de réguler la température par évapo-transpiration. Les parcs constituent des masses froides.

Le vent dominant n’est pas obligatoirement le vent polluant. Les directions polluantes correspondent à celles qui s’accompagnent d’une faible vitesse et d’une atmosphère stable : c’est le cas du vent d’est lors de la présence d’un anticyclone en saison froide. Paradoxalement, c’est alors la banlieue ouest ou nord-ouest de Paris, pourtant plus résidentielle, qui est la plus polluée, le vent d’est à régime lent et laminaire, ne fait que pousser les polluants parisiens sans les disperser. A l’inverse, lorsque les masses d’air sont instables, les vents d’ouest  turbulents ont un effet dispersant sur les polluants qui ne stagnent plus, rendant la banlieue sud-est moins polluée.

Dans le cas qui nous occupe et en résumant, l’érection de tours au Pont d’Issy pourrait avoir comme effet de bloquer la progression lente des polluants émis par Isséane en saison froide en opposant un écran aux vents dominants d’est, et un effet symétrique vis-à-vis des vents d’ouest les empêchant de jouer leur rôle de dispersant.

Si le même parti que la tour Séquana est pris pour les tours du Pont d’Issy, c’est-à-dire offrir le moins de surfaces de bureaux exposées au sud, les immenses façades est et ouest joueront bien ce rôle d’écran tout en renforçant l’enclavement et la « canyonisation » de l’usine qui émet de grandes quantités d’oxydes d’azote, comme le fera aussi la circulation automobile augmentée par le projet de tours. Ces polluants sont encore plus mal maîtrisés que le soufre et les dioxines dont on parle beaucoup. Ils sont pourtant d’importants irritants dont le rôle dans l’apparition ou l’aggravation d’affections cardio-respiratoires est maintenant bien établi.

Une citation de notre ami Francis Hallé, grand connaisseur de la chose végétale et de l’arbre en particulier, pour terminer :
« Avant de planifier un édifice ou un quartier neuf, faites appel à un urbaniste qui saura placer d’abord les espaces verts et les lignes d’arbres : le bâti viendra seulement par la suite. »
[Du bon usage des arbres / Actes Sud 2011]

Où est cet urbaniste dans la ZAC du pont d’Issy ?

Didier Hervo, association Issy l’écologie

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