La ZAC du Pont d’Issy : Quel impact sur la biodiversité ?

A la lecture des documents qui composent le dossier de l’étude d’impact, on ne peut se satisfaire des affirmations émises concernant les effets sur la biodiversité de cet énorme projet dans le secteur du Pont d’Issy et de la pointe amont de l’Ile Saint-Germain.
Pont d'Issy par g.LLes conclusions signifiées dans la partie du document dénommée « Impact du projet sur l’environnement et mesures associées », mentionnent pour l’îlot A/B1/B2, un impact de la destruction de ces milieux non significatif !… quant à la pointe amont de l’Ile Saint-Germain, l’impact y sera positif à terme pour la flore ; pour la faune… on ne sait… et tout ça est renvoyé à de futures études sous la responsabilité ici du maître d’ouvrage, le Conseil Général.
Les prévisions rassurantes affichées dans ce document inspirent la plus grande méfiance, tant les expériences passées en termes de communication et de « concertation » pour des aménagements, ou programmes d’urbanisation à des échelles semblables ont démontré le contraire après leurs réalisations.
Les incohérences de la gouvernance locale communale et départementale pour le développement durable témoignent malheureusement presque toujours de l’incapacité des aménageurs à prendre conscience de l’irréversibilité des phénomènes vivants détruits.

Géographie
Au pont d’Issy, peu après Paris en direction de l’aval, la Seine amorce ici son premier méandre, au creux duquel se trouvent les coteaux de Meudon qui surplombent la Seine.
La biodiversité présente dans les grands espaces boisés tangents à l’urbanisation dense de la petite couronne, s’introduit à Paris par des corridors végétalisés, bien sûr par la Seine, les Parcs et les jardins, mais aussi par des bandes étroites comme les talus SNCF.
La faune et la flore ont besoin d’espaces maillés entre eux, mais peuvent sauter aussi des uns aux autres.
En tout cas, le fait de détruire, sinon de gêner le développement de la flore et la faune à cet endroit qui est aussi celui des premières berges naturelles après les longs quais maçonnés ou métalliques de la capitale, a forcément un impact pour les autres espaces naturels ou biotopes de l’amont et de l’aval de la Seine.
Si effectivement, comme le mentionne l’étude d’impact, les espaces végétalisés actuels qui subsistent sur le site même du projet côté ville sont assez pauvres, ce n’est pas le cas pour ce qui concerne les abords immédiats de la Seine et de ses berges, décrites comme « un écosystème dynamique, unique, fragile et précieux » !…
De part et d’autre de l’Ile Saint-Germain, et sur la rive gauche du petit bras de Seine les écosystèmes aquatiques et ceux de la terre échangent normalement et peuvent se développer s’ils ne sont pas bousculés.
Sur ces bandes rivulaires si fragiles, avec l’alternance de l’ombre et de l’ensoleillement, les végétaux, les racines, les creux ou trous au raz de l’eau offrent les abris et gites nécessaires aux nombreuses espèces animales présentes et répertoriées en partie dans l’étude d’impact.

Des poules d’eau et martins pêcheurs
Sur ce petit bras de Seine, de la rive gauche, précisément sous le couvert végétal de cette partie des berges à Issy-les-Moulineaux, nous avons parfois le plaisir de pouvoir observer des espèces d’oiseaux comme la bergeronnette des ruisseaux, des poules d’eau et même le martin pêcheur… Les repousser plus loin serait un grand dommage, sans doute non mesurable économiquement, mais aux conséquences importantes pour notre environnement et pour la sensibilisation des jeunes générations à l’environnement.
L’attention à la biodiversité est une obligation sinon une voie déclinée par ailleurs chez de nombreux organismes et instances scientifiques ou politiques. En se référant aux grands principes internationaux, les conventions de Rio, par exemple, la question de la nature est raccordée aux questions de développement.
Pourquoi échapperions nous ici dans un contexte particulièrement riche avec plein d’opportunités et de moyens, à l’objectif de ne pas subordonner la protection de l’environnement aux activités humaines, alors même que la bonne santé économique est forcément en harmonie avec la nature et tributaire d’elle.
On nous veut nous imposer ici un projet très important, avec des travaux gigantesques, une fréquentation démultipliée, des constructions surdimensionnées avec leurs ombres portées… tout ceci ne peut pas ne pas avoir d’influence sur le maintien de la biodiversité à proximité.
Les lumières violentes et barrières lumineuses nocturnes, les chantiers, la poussière, les vibrations liées à toutes ces activités contribuent à éloigner les espèces d’oiseaux comme le martin pêcheur si emblématique et présent dans le petit bras de Seine. Cet oiseau considéré comme l’un des plus coloré d’Europe niche à quelques centaines de mètres du lieu où devraient être érigées ces tours, ne pas prendre en compte sa présence, et contribuer à le chasser peut être considéré comme une attitude irresponsable par rapport aux objectifs de maintien de la biodiversité aux abords de l’urbanisation de ce secteur.

L’alternative
L’alternative à ce projet très « bétonnant » exclusivement tertiaire, a déjà été formulée, lors de la contestation du projet d’élargissement de la RD7 par le CG 92, et son programme d’aménagement sur les berges, des recours ont déjà été déposés…
D’abord remplacer des tours de bureaux IGH, par du logement, de l’activité.
L’idée encore, serait de faire glisser ou déborder en quelque sorte, l’espace végétalisé du Parc de l’Ile, sur la rive gauche, de recouvrir une partie de la tête du pont d’Issy en bouchant la trémie existante par un « espace vert » et en diminuant de fait les largeurs de voiries remises à plat. Inciter également à d’autres comportements en matière de transport chez les nouveaux habitants, et usagers en favorisant ainsi une ouverture à la Seine, aux activités fluviales et portuaires, aux circulations douces, et surtout à de nouvelles expérimentations, à l’instar de la ville de Paris pour ses berges.

Gil Leparmentier, association Issy l’écologie

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