Tour Hélice : Le collectif demande à la ville le retrait du permis de construire

Opposés à l’actuel projet du Pont d’Issy, qui privilégie exagérément la part des bureaux dans une ville qui compte déjà plus de salariés que d’habitants, nous sommes engagés avec Val de Seine Vert dans un recours, en appel, contre la révision du PLU de 2012. Nous engagerons également des recours contre chacun des permis de construire des trois tours de la ZAC. Ainsi, en juillet 2014, était déposé auprès du Tribunal Administratif un recours contentieux contre le permis de construire  la tour IMEFA 52.

Ce 11 août, la mairie a reçu la demande de recours gracieux d’ACTEVI et Val de Seine Vert contre le permis de construire de la tour Hélice, intégrée dans le projet « Issy Campus » du promoteur Sefri Cime et qui s’érigerait à 144 mètres de haut.
Outre les méthodes opaques habituelles de la ville — publication du permis au beau milieu de l’été, absence de concertation —, l’édification de ce bâtiment soit-disant écologique est pour plusieurs raisons nuisible à l’environnement et la qualité de vie de ses riverains, isséens comme boulonnais.

• Dispersion des fumées de l’usine d’incinération « Isséanne » : l’étude complémentaire d’ANTEA n’était pas présente dans le dossier de l’enquête publique et n’a pas été publiée dans le journal municipal « Point d’Appui » – comme le prévoyait une réserve du commissaire enquêteur -, privant ainsi les citoyens d’une information indispensable pour apprécier les effets de ce projet.

• Insuffisance de l’offre de transports : les 11 000 emplois et 2 200 parkings générés par ce projet (3 tours au Pont d’Issy) ne feront qu’aggraver les problèmes d’embouteillages déjà présents sur ce site et ne pourront pas être supportés par les réseaux de transports en commun existants pour des raisons capacitaires, qu’il s’agisse du RER C ou du T2.

• Ombres portées : le parc de l’Ile Saint-Germain et des quartiers d’Issy et de Boulogne-Billancourt se verraient imposer par ce projet, certains mois de l’année, une situation crépusculaire, véritable fabrique d’ombre les privant de soleil et luminosité.

• Trajectoire des hélicoptères : nombreux sont les isséens qui ont constaté le bourdonnement devenu constant, causé par la modification de la trajectoire des Hélicoptères, qui passent désormais au-dessus de la ville. Or le permis de construire de la tour Hélice a été délivré par le maire d’Issy-les-Moulineaux avant que ne soient connues les conclusions des études complémentaires sur la modification du tracé des vols d’hélicoptères… dont il doit tenir compte pour lever l’une des réserves émises par le commissaire enquêteur.

Plusieurs réserves comprises dans l’avis du commissaire enquêteur n’ont donc pas été levées.

Enfin, ce permis de construire est délivré en considération du PLU révisé en 2012, qui fait l’objet d’incertitude juridique puisqu’il fait actuellement l’objet d’un appel devant la Cour Administrative de Versailles, comme nous le rappelions plus haut.

En cas de rejet de ce recours gracieux, ACTEVI et Val de Seine Vert ne s’interdisent en rien la possibilité d’un recours contentieux.

Nous resterons vigilants et continuerons de vous informer dans les mois à venir quant à l’avancement du projet du Pont d’Issy.

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L’urbanisme de tours et les folies altoséquanaises

Les projets de tours poussent comme des champignons dans les Hauts-de-Seine. Ce thème s’est invité dans les discussions lors de notre fête des « Guinguettes en goguette » au port de Sèvres le 15 octobre dernier, à propos des projets sur l’île Seguin et dans tout le département. André Gattolin, nouveau sénateur EELV des Hauts-de-Seine et invité principal de la fête, animait le débat sur ce thème qu’il connaît bien.

André Gattolin a notamment recueilli l’avis de Michel Cantal-Dupart à ce sujet au cours d’un entretien (à consulter sur http://andregattolin.net/spip.php?article23). L’architecte urbaniste, professeur au CNAM, participe actuellement à un atelier créé dans le cadre du Grand Paris.

M. C-D regroupe la plupart de ses critiques sur les tours autour de la nécessité de donner un sens à de tels choix architecturaux et urbanistiques : la prouesse technique d’une tour qui engendre forcement un surcoût pour la même surface dans des immeubles de faible hauteur ne se justifie que par des exigences de monumentalité.

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ZAC du Pont d’Issy-les-Moulineaux : une « vitrine pour le tertiaire » ?

Pont d'IssyLa ville poursuit sa densification avec un projet de ZAC de 250 000 m² prévoyant près de 11 000 emplois supplémentaires dans trois tours de grande hauteur (165 à 190 m).

Le 3 octobre dernier la ville informait les associations participant à l’atelier d’urbanisme de son projet pour la requalification du secteur du Pont d’Issy, de part et d’autre de la rue Rouget-de-l’Isle (D52). Objectif : renforcer l’attractivité commerciale d’un site ayant vocation à devenir une « vitrine du tertiaire ».

A l’étude depuis 2005, le programme, qui n’est pas encore figé, prévoit 232 260 m² de bureaux, 13 500 m² de logements, 3 500 m² de commerces, 1 200 m² d’équipements publics (crèche) et crée 10 700 emplois supplémentaires. Les propriétaires des immeubles de bureaux actuels, obsolètes, et en partie vacants  – AXA, Crédit Agricole Assurances, Générale Continentale Investissements – ont fait le choix d’une densification sous forme de trois tours, s’élevant de 165 à 189 mètres

Ce projet qui prétend aussi créer les conditions d’une vraie vie de quartier, s’inscrit en liaison avec le réaménagement de la RD7, de la pointe amont de l’île Saint-Germain, et la ZAC Bords de Seine.

Suivi par l’ensemble des participants, le président d’Environnement 92 s’est étonné d’être informé d’un projet quasiment abouti, procédure qui ne saurait tenir lieu de concertation. Le maire adjoint en charge de l’urbanisme a accepté de constituer des groupes de travail qui participeront à la réflexion d’ensemble, et de modifier la planification en conséquence, ce dont on ne peut que se féliciter.

Il en va différemment quant au fond car ce projet monumental amplifie les déséquilibres sur lesquels Val de Seine Vert attirait l’attention à l’occasion de la révision du P.L.U. de la ville, en 2005.

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La Tour triangle, porte de Versailles

Une tour de 50 étages, 180 mètres de haut sur 200 mètres de long est en projet sur le site du parc des expositions, porte de Versailles à Paris. Limitrophe d’Issy-les-Moulineaux et de Vanves, ce bâtiment conçu pour accueillir 88 000 m² de bureaux, soit 5 000 salariés, est présenté par la mairie de Paris comme étant d’utilité publique… Les riverains ne sont pas d’accord et demandent un référendum.

Décidément les tours ont le vent en poupe. Les projets fleurissent à la Défense, à Boulogne-Billancourt, à Issy-les-Moulineaux mais aussi à Paris. Dans le 15ème arrondissement, le promoteur Unibail-Rodamco envisage d’en construire une le long de l’avenue Ernest Renan. La tour Triangle est présentée comme un projet 100% privé de dimension « métropolitaine », c’est-à-dire en phase avec le Grand Paris et en concurrence directe avec les autres capitales européennes ! C’est cette « vocation » qui justifiait d’en faire une opération d’utilité publique et de modifier les règles d’urbanisme qui interdisent aujourd’hui ce type de constructions.

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L’île Seguin, bataille pour un lieu symbolique

Plusieurs associations, dont Val de Seine Vert, ont introduit un recours gracieux afin que le maire de Boulogne-Billancourt reconsidère son projet de tours élaboré avec l’architecte Jean Nouvel.

Le 3 mai 2011, le commissaire enquêteur chargé de l’enquête publique sur la révision partielle de Plan Local d’Urbanisme (PLU) de Boulogne-Billancourt a donné un avis favorable au projet « Baguet / Nouvel » sur l’île Seguin. Après avoir constaté que sur les 420 avis exprimés, 348 étaient contre le projet et 72 pour, le commissaire écrit : « Je comprends leur réticence à ce projet […] mais la restructuration de l’île créera une dynamique évolutive de bien-être pour toute la population actuelle […] ».

Il s’agit à l’évidence d’une profession de foi ! Le commissaire, comme le maire de Boulogne-Billancourt et la majorité de son conseil sont partisans de faire de l’île le « premier cluster culturel du Grand Paris » pour reprendre les termes des luxueuses brochures produites par la société d’économie mixte chargée de son aménagement.

Ce qu’ils oublient

Ces brochures publicitaires, bilingues, mélangent habilement la réalité et la fiction pour faire croire que le projet est irrémédiablement engagé. Les associations qui accompagnent depuis le début les réflexions menées sur l’urbanisation du 8ème quartier de Boulogne-Billancourt, le fameux « G8 », ne sont pas d’accord. Plusieurs d’entre elles, dont Val de Seine Vert, ont mandaté l’avocat Pierre Gaborit afin de demander au maire de reconsidérer son projet. Si ce dernier ne veut toujours pas nous répondre, la seule solution qui restera aux associations sera de saisir le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

L’ampleur de la mobilisation

Pendant ce temps, la contestation s’organise et les riverains rejoignent les associations de défense de l’environnement. Le blog « Sauvons l’île Seguin » et la forte mobilisation lors du conseil municipal du 16 juin, qui a vu l’adoption du PLU modifié par le conseil municipal, sont deux bons exemples de ce qui peut être fait « sur le terrain ». Les chèques de soutien que nous recevons afin de nous permettre de payer notre avocat est également un indicateur de la détermination de tous les défenseurs de l’environnement. Il est indispensable d’amplifier encore cette mobilisation en démontrant que l’aménagement de l’île Seguin a valeur de symbole et concerne les Franciliens, bien au-delà du Val de Seine.

Alain Mathioudakis et Luc Blanchard, association Val de Seine Vert

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